A la recherche de la verge perdue

Bien que je ne m’apparente clairement pas à ce Dieu absolu de la littérature, Proust écrivait sur le temps comme la perte de quelque chose et la conscience de celle ci. Permettez moi de faire l’analogie seule de son titre avec la situation de l’homme. Nous vivons à une époque dans laquelle émergent chaque jour de nouveaux mouvements en faveur de l’individualité de la femme, de sa place et ses enjeux au sein de la société et d’un combat pour l’égalité des sexes. Mais à l’heure ou les actions de lutte pour l’abolition du patriarcat ne cessent de se multiplier, qu’est devenue l’identité masculine ?

Avalanche de vagins en puissance 

Si la parité n’est pas encore une réalité absolue, la place qu’elle gagne un peu plus chaque jour révèle le paradoxe d’une perte : celle du rôle de l’homme. Au fer et à mesure que la société libère les femmes, elle fragilise l’homme et tombe parfois dans la facilité de le placer en ennemi plutôt qu’en allié. Avant qu’on ne mette les deux pieds dans le plat du féminisme, la vie était simple et sans trop de questionnement intérieur, l’homme était le symbole basique de la protection, le mâle dominant qui entretient, commande parfois, malmène souvent. Grand bien lui fasse, on a démasqué la supercherie du siècle, à savoir les tourments des femmes n’émanent pas de leurs esprits torturés mais de la société elle-même habillée de systèmes de pensée politiques et culturels largement démodés. Si le sort des femmes longtemps bafoué et ignoré fut donc révélé à grands coups de révolutions féministes successives (première vague : les suffragettes et droit de vote, deuxième vague : révolution sexuelle et indépendance, troisième vague : notion de genre et communauté LGBT…), on assisterait presque aujourd’hui à un retour de bâton sur la destruction de l’identité de l’homme.

Hier encore, j’avais confiance

Donc au temps des dinosaures, si un homme avait  l’assurance claire et précise d’être un homme, il nage maintenant en pleine confusion et éprouve presque le besoin de revendiquer sa présence, son existence. Il ne sait plus ce qu’on attend de lui dans la société, dans la vie amoureuse, dans le couple. Les femmes expriment clairement leur indépendance, jusqu’à la conception, et allant jusqu’à lui accorder une fonction accessoire d’accompagnement, de besoin sexuel. Attention messieurs, n’allez pas croire que nous allons vous laisser vous servir du féminisme comme bouc émissaire pour répondre aux maux dont vous souffrez, Olympe de Gouges soit louée, on est pas nées de la dernière pluie !

Balance ton soutien

Même le temple de consommation s’accorde à discréditer leur valeur en utilisant uniquement ce qui leur reste pour les définir sordidement, nouvelle vague de magazines masculins à l’appui : les gros muscles, la grosse voiture, le gros compte en banque. Pour l’anatomie de la cervelle mesurée de la même façon on repassera, merci. Mais que leur reste t il alors ?  Nous, les femmes, comme alter ego, partenaire de vie sociale et de vie tout court, alliée du bon sens, collègue, ami, sœur, fille, mère, épouse avec qui vivre en toute bienséance. Maintenant que le constat est posé, que la moitié de l’humanité a crié au loup (non pas celui là) avec des hashtags accusateurs, voici quelques pistes de réflexions pour être aux côtés des femmes plutôt que de vous faire suer à essayer d’entretenir un clivage d’antan :

  • Pratiquez l’écoute

Se placer aux côtés des femmes, écouter ce qu’elles ont à dire sans remettre en question et en ayant confiance en leur parole. Parler d’une agression ou d’une goujaterie n’est pas une partie de plaisir , aussi le minimum requis est l’attention non moralisatrice. De même, agissez et réagissez, sur les réseaux ou dans la vie réelle, et sans vous mettre en danger.

  • Militez avec nous

Les causes des femmes ne doivent pas se limiter à la présence des femmes. L’idée n’est pas de renverser les (anciens) rôles et d’assujettir l’homme mais de construire une société avec lui ou son engagement auprès des femmes sera donc d’autant plus approuvé et apprécié. 

  • Pas tous comme ça !

Oui on sait et on a pas dit ça non plus, calmez vous. Arrêtez de vous sentir toujours obligés de la ramener sur ce point, on le sait, sans quoi cela ferait longtemps qu’on vous aurait tous assommés à coups de pelle pour vous asservir à repasser nos culottes et tondre les haies du jardin (à la base il n’y avait pas de métaphore dans cette phrase). On a le droit de dire les choses sans que vous sentiez peser sur vous une menace subite de la disparition de votre genre sur terre. Sachez que ce sera considéré comme plus viril que de brandir vos écoutilles pour une joute verbale qui vous repositionnera directement à la case départ. 

Bichement vôtre 


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